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 I : Le Livre du Diamant

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necronomicon
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MessageSujet: I : Le Livre du Diamant   Sam 25 Juin - 15:24

Depuis des siècles, Necronomicon cherchait la paix intérieure sans jamais la trouver. Cette nuit, une de plus, il parcourait les couloirs de la Grand Bibliothèque de Sénata, espérant y trouver un quelconque ouvrage qui le guiderait.

Le lieu était désert, les heures d’ouverture étaient passées depuis longtemps et le garde situé à l’entrée n’avait même pas remarqué l’entrée du vampire qui à présent marchait d’un pas silencieux en parcourant les rayonnages d’une des nombreuses salles.

Un toussotement le fit se retourné. A sa grande surprise, un vieillard se tenait derrière lui. La peau fripée par l’âge, le crâne chauve, le visage glabre, habillé d’une robe jaune et d’une cape rouge. Le vieil homme tenait en main un livre racorni et le tendit à Necronomicon en lui disant : "je pense que ceci t’éclaireras".

Stupéfait, Necronomicon s’empara du bouquin et lut le titre de celui-ci, écrit en lettres argentées sur sa vieille couverture de cuir : "La Voie du Diamant". Il voulut alors poser une question au vieillard, mais en relevant les yeux il constata que ce dernier avait disparu. Etrange personnage, se dit-il, j’ai déjà rencontré cet homme, mais où, quand et en quelles circonstances, je ne parviens pas à m’en souvenir.

Il haussa les épaules, il n’était plus à un mystère près. Il se dirigea vers l’un des endroits de lecture, se choisit un confortable fauteuil et se mit à lire l’ouvrage :


Chapitre Un : Généralités

Enraciné dans des principes de bonté et d'amour universels, de paix et de tolérance, le Cyber-Bouddhisme encourage l'individu à vivre en adoptant une éthique noble et à chercher la vérité et le sens de l'existence. Il a développé une connaissance riche et détaillée de l'esprit et il offre tout un éventail de techniques de méditations. La méditation vise à la connaissance de soi et nous aide à améliorer notre esprit. La pratique a pour objectif global de rendre notre vie plus satisfaisante, plus heureuse, de mener une vie qui ait un sens, qui soit positive tant pour nous-mêmes que pour autrui.

Chapitre Deux : La Méditation

Ce que n’est pas la méditation :

- une sorte de transe
- une manière d'accroître ses illusions
- une échappatoire
- centrée sur soi
- une solution simpliste qui se limite à une ou deux techniques forcément faciles
- une réparation rapide

Ce qu’est la méditation :

- une manière de rendre l'esprit plus éveillé, clair, et sage
- une manière de discerner la réalité de l'illusion
- une manière de faire face à soi-même : surmonter les problèmes et développer les bonnes choses
- une manière de remplacer les illusions centrées sur soi par la compassion naturelle
- une possibilité sans limites, qui vise toujours à procurer pour récompense, des bénéfices durables

Il est bien entendu possible et facile d'apprendre une technique simple de concentration qui peut être pratiquée pour - disons 15 minutes par jour, aux fins de se dé-stresser un peu, de se détendre et de devenir plus en paix. Ceci n'est pas vraiment la méditation - plutôt l'équivalent mental de la prise d'une aspirine pour un mal de tête - un soulagement important et utile, mais ce ne serait qu'une mesure limitée, agissant à court terme.

La méditation est un entraînement qui permet, progressivement, d'apprivoiser l'esprit au lieu d'être le jouet des humeurs. La méditation déracine systématiquement les vieilles habitudes de la passion, la colère, l'orgueil, la jalousie, la complaisance, l'ennui et façonne un état d'éveil, de compassion et de sagesse tranquille.

Cette maîtrise de l'esprit - opposée à l'état de jouet des conditionnements - est un procédé global qui va bien au delà du coussin de méditation, et qui conduit finalement à la conscience dans l'entièreté de la vie. La travail fin que l'on fait sur l'esprit, lorsqu'on entraîne l'esprit pendant les sessions de méditation, crée automatiquement de nouveaux réflexes qui transforment la manière dont on fait l'expérience de la vie quotidienne. Au cours de ce processus, l'on découvre le véritable potentiel de l'esprit humain.

Quelles sortes de méditation y a-t-il ?

- les techniques qui travaillent sur les habitudes conditionnées des sentiments, émotions, pensées, perception et conscience, qui éliminent progressivement les zones douloureuses et indésirables et apportent une expérience de paix, de calme et de stabilité. Elles comprennent parfois des réflexions spécifiques, des contemplations, des visualisations, des techniques respiratoires, la concentration sur un objet, etc. Le point principal est d'apprendre à tenir l'esprit là où on veut qu'il soit - en un endroit qui nous apporte des bienfait, à nous et aux autres.

- les techniques qui utilisent la stabilité pacifique, apportée par les techniques citées ci-dessus, pour développer une vision pénétrante de la vraie nature de la réalité.

Que doit-on apprendre ?

Le principal est d'apprendre une technique qui corresponde à nos aspirations, à nos possibilités, à nos points forts, et à nos faiblesses. Ceci effleure la beauté des nombreuses voies adaptées aux aspirations de tout un chacun. On peut toutefois dire que, de manière générale, toutes les formes de méditation impliquent de travailler avec le corps, la parole et l'esprit. S'entraîner à un certain stade de maîtrise physique harmonisera les éléments primaires du corps, améliorera la santé, rendra ses mouvements souples et significatifs, et, par dessus tout, réduira le préjudice qu'on pourrait se faire à soi et aux autres.

Entraîner la « parole » implique la compréhension et l'amélioration du pouvoir de communication de l'existence et la rend (comme pour le corps), non nuisible, significative, et en fait une source de bien-être.

Entraîner l'esprit, qui est le vrai maître du corps et de la parole, comprend le travail qui est décrit dans les paragraphes ci-dessus.


Dernière édition par le Lun 27 Juin - 14:59, édité 1 fois
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necronomicon
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MessageSujet: Re: I : Le Livre du Diamant   Sam 25 Juin - 16:24

Necronomicon avait terminé de lire ce passage lorsqu’il aperçu à nouveau le vieil homme, cette fois assis en face de lui.
Furieux, il bondit de son fauteuil en jetant le livre sur une table basse et s’adressa à l’intrus :


Qui es-tu pour m’importuner ainsi ? Je te connais, mais je ne sais plus qui tu es. Pourquoi me faire lire cet ouvrage ? J’en ai lu d’autres de la même sorte, ils ne m’apportent rien. Crois-tu m’impressionner avec tes petits tours de passe-passe ? Parles vieillard, si tu ne veux pas que je broie ta carcasse et me nourrisse de ton sang !

Le vieil homme gardait toujours son sourire malgré les menaces du vampire. Il soupira puis prit la parole :

De nombreuses personnes essaient de suivre une voie spirituelle, mais parmi les gens qui croient être en quête de spiritualité, certaines sont plutôt versées dans la recherche, plutôt que dans la quête spirituelle proprement dite. On pourrait en quelque sorte dire de ces gens que ce sont des rats de bibliothèque : comme un rat de bibliothèque consomme des livres, ils consomment des enseignements spirituels, et des enseignants : ils avalent toutes sortes de choses à droite et à gauche, mais cela n'a pas d'incidence sur leur vie, cela n'induit pas de changement dans leur vie, et ne modifie pas leur compréhension des choses. Ces gens tournent en rond, font des échantillonnages d'enseignements, mais rien ne change en eux.

Cela correspond à l'idée que certains se font du mariage : on tombe amoureux, et quelques mois plus tard on déteste la personne que l'on a adorée, alors on en change, on va ailleurs. Bien des gens agissent ainsi dans leur itinéraire spirituel : ils trouvent un enseignant, c'est le grand amour, et puis après, ils changent et vont ailleurs. Les gens sont en proie à toutes sortes de détours, mais pendant ce temps rien ne change dans leur vie.

Ils se sont contentés d'écouter les enseignements, mais ils ne les ont jamais appliqués, ils ne les ont pas mis en pratique. Et quand on dit écouter, ce n'est pas forcément écouter correctement, ce qu'ils tiennent à faire, c'est se retrouver dans le groupe, comme une espèce de club. C'est un endroit où l'on va, on y retrouve les autres, on se sent bien ensemble. On aime bien être là avec les autres, on s'assied avec eux, on prie ensemble, mais pendant qu'on est sensé prier, dans la tête, on pense à toutes sortes d'autres choses qui n'ont rien à voir avec la prière : " mais que vais-je faire à manger tout à l'heure ? ", "que vais-je manger ?" "Où vais-je aller ce soir", "j'ai des problèmes d'argent, que vais-je faire demain ?" , etc. Donc la tête tourne sans arrêt et cela n'a rien à voir avec la prière, mais physiquement on est là au milieu des autres, on a l'impression qu'on fait ce qu'il faut.

En fait de développement, qu'est-ce que je constate ? La plupart du temps, tout ce qui se développe, s'accroît, c'est la jalousie, les cancans, les querelles, les disputes, parmi les gens qui se disent disciples. Ce sont des disputes entre celui qui suit l'enseignement et son enseignant parce qu'on a l'impression qu'il n'écoute plus ce qu'on veut lui demander qu'il ne répond pas aux exigences, ou ce sont des querelles avec d'autres gens.

Des gens ont l'impression que s'ils sont disciples depuis des années, cela leur donne des droits : "Ah oui, parce que je suis disciple depuis longtemps, j'ai plus le droit que les autres de m'asseoir devant, les autres me doivent un certain respect".

En revanche, on ne voit pas le développement de la compassion, de l'amour, de la tolérance, précisément parce que les enseignements n'ont pas été appliqués. Chaque année, alors qu'on est sensé suivre un cheminement, la seule chose qui croisse d'année en année, ce n'est que l'ego.

Evidemment, je n'exprime ici que mon point de vue, moi qui suis plein d'aspects négatifs, moi qui ne possède aucune spiritualité : quand je m'examine, ce que je vois, c'est vraiment à 100% l'ignorance, le manque d'éducation, un manque de développement spirituel. A vrai dire, je me vois plein de poisons, plein de choses négatives, du bout de l'ongle de mes orteils jusqu'au bout des cheveux que je n’ai plus. Evidemment, du fait que je suis moi-même plein de choses négatives, je ne peux voir que le côté négatif des autres, je ne peux voir que plein de choses négatives.

Ainsi, quand on est plein de choses négatives soi-même, toute son expérience est colorée de manière négative, tout ce qu'on voit est négatif; mais cela ne veut pas dire évidemment que la pratique soit négative : la méditation est un enseignement extraordinairement précieux parce qu'il donne à tous une égalité de chances totale. Quiconque applique la méditation peut arriver à un résultat, peut en obtenir le bienfait. Il n'y a pas de gens qui ont plus de droits, ni d'autres qui en aient moins : tout le monde peut arriver à quelque chose avec la même égalité de droits.

Mais puisque je suis moi-même incapable d'appliquer les enseignements correctement, je dois convenir que ce dont je vais parler ce soir, cela s'adresse plutôt à moi-même : en fait je me parle à moi-même en vous parlant. Je me parle à moi-même parce que je ne suis pas capable d'appliquer l'enseignement, et souvent je ne suis pas capable d'en faire l'usage qu'il faudrait. Je dois en convenir : ce n'est pas un sujet passionnant. Souvent quand je parle, les gens ne sont pas contents, ils sont irrités parce que cela fait mal de voir ce qui est négatif en soi, on n'a pas envie de le voir, de voir les problèmes. Personne n'a envie d'entendre remuer ça, personne n'a envie de se dire "ah il est exactement comme moi". Parce que cela ne fait que remuer le couteau dans la plaie, ce n'est pas agréable. Mais c'est parfois nécessaire, et c'est salutaire. Ce que vous n’avez pas voulu comprendre, il y a de cela bien longtemps.

Si on essaie de comprendre correctement, il faut savoir regarder les choses négatives en soi, afin d'essayer d'améliorer les choses. Si on ne s'examine pas soi-même, on ne peut pas arriver à grand-chose, et on est mieux placé que n'importe qui pour le faire, parce qu'on se connaît soi-même : c'est vers soi qu'il faut se tourner. Ce n'est pas les autres qu'il faut regarder, c'est soi-même. Il n'est donc pas forcément nécessaire d'aller écouter toutes sortes d'enseignements partout, d'aller voir toutes sortes de maîtres, parce que l'essentiel est d'appliquer la chose. Même en imaginant que quelqu'un ne soit allé qu'à un seul enseignement dans sa vie : s'il applique cet enseignement, c'est tout ce qu'il lui faut.

Mais si on n'applique pas les enseignements, alors qu'on aurait passé une vie entière à aller d'enseignant en enseignant, d'enseignement en enseignement, qu'on y aurait passé des heures et des années, on n'en retirerait pas grand-chose. Il faut essayer d'appliquer quelque chose de très simple, et de l'appliquer vraiment dans sa vie de tous les jours.

La voie à suivre est très claire quand on essaie d'être normal, ordinaire comme moi. La première chose qui compte est de changer sa mentalité. Le changement à opérer est d'essayer de faire en sorte que ce qui nous arrive soient des choses qu'on accueille, qu'on accepte, comme si on lui souhaitait la bienvenue. Par exemple, si on tombe malade, on apprécie le fait d'être malade et on se dit "grâce à cette maladie, j'espère pouvoir purifier tout le mauvais karma que j'ai pu avoir". Quand on pense comme ça, la maladie n'est plus l'occasion de souffrance. La même chose si quelqu'un vous vole de l'argent ou vous vole des biens : si vous appréciez cette chose qui vous arrive, si vous vous dites que vous espérez que celui qui vous a volé ça pourra en profiter au maximum, cela vous donne la possibilité de pratiquer la générosité, de développer une attitude d'esprit généreuse.

Même chose si quelqu'un vous bat : vous vous dites "j'accepte cette dérouillée qu'on m'a donnée", et grâce à cela, ça vous permet de développer de la patience et de la force d'âme. Quand on arrive à accueillir tout ce qui arrive à bras ouverts, à ce moment, il n'y a plus vraiment ce que l'on considère comme des bonnes ou des mauvaises choses dans sa vie. Si quelque chose qui est censé être mauvais et négatif vous arrive et que vous l'appréciez, à ce moment-là, c'est vraiment le coeur de l'enseignement. Si par exemple, quelqu'un dit du mal de vous, et qu'il dise toutes sortes d'horreurs sur votre compte, vous devez une reconnaissance infinie à cette personne, parce que c'est votre meilleur enseignant, c'est votre meilleur maître. Cette personne vous apprend la patience : ce n'est pas votre ennemi, c'est votre maître. L'ennemi au contraire c'est celui qui dit des tas de choses formidables sur votre compte : "tu es merveilleux, tu as une forme fantastique, tu es gentil, etc.". Quelqu'un qui vous parle ainsi, qui vous dit tout le temps que vous êtes le meilleur, ne peut pas produire quelque chose de positif, de bénéfique parce que cela ne peut que renforcer l'ego, et l'ego est le poison principal dont nous souffrons tous. C'est celui qui nous empêche d'être libre, qui ne nous laisse pas l'occasion ou la possibilité d'être heureux.

La manière dont je considère les choses est très simple. Je ne mets pas énormément l'accent sur le fait de faire beaucoup de prières, de faire des rites particuliers, mais je conseille d'accueillir à bras ouverts tout ce qui se passe dans sa vie, autour de soi, de laisser venir à vous. Même quand les gens profitent de vous, abusent de vous, abusent de votre patience, vous jettent dehors, il faut dans ces cas là être reconnaissant par rapport à tous ces gens qui vous donnent l'occasion de développer la patience, de développer la force d'âme.

Si vous arrivez à avoir cette sorte d'attitude, qui va en profiter au bout du compte ? Ce ne sont pas les gens qui vont abuser de vous, qui vont vous faire toutes sortes de torts, c'est vous qui allez en bénéficier, parce que en ayant ce genre de démarche tout le temps, vous êtes gagnant.

Vous êtes gagnant parce que vous effacez en vous la haine, la jalousie , vous n'avez plus d'ennemis, l'ennemi devient l'ami, et vous n'avez plus ces attachements terribles qui vous rivent aux choses. Vous n'êtes plus attaché aux amis, à l'argent, aux choses que vous possédez, ce qui veut dire qu'on ne peut plus rien vous voler, il n'y a plus de voleurs, il n'y a plus rien qui vous attache aux choses. Vous n'êtes plus à vous dire "on n' a pas le droit de me prendre ça, il faut que je mette des verrous partout", vous êtes libéré de tout ça, c'est fini, vous êtes totalement libre. Ou que vous alliez, vous êtes libre, et ça c'est la meilleure sorte de bonheur. Mais ce bonheur, cette liberté, c'est à vous de la conquérir. Ce n'est pas quelque chose que vous pouvez acheter ou emprunter à des amis, vous devez trouver ce bonheur là en vous même.


Dernière édition par le Sam 25 Juin - 17:36, édité 1 fois
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necronomicon
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MessageSujet: Re: I : Le Livre du Diamant   Sam 25 Juin - 16:25

Une seule chose importe finalement, que vous ayez étudié un livre, cent livres ou mille pendant dix ans cent ans ou même mille ans. En fin de compte une seule chose est importante, et il est dit dans les enseignements que cette chose est de dompter son esprit. On dit "regarde en toi-même, ne regarde pas les autres, ne vois pas de faute chez les autres, regarde en toi et dompte ton propre esprit". Il faut donc se tourner vers soi, et ne pas juger les autres : il ne faut pas être tenté de vouloir changer le monde, changer les gens autour de soi pour qu'ils soient plus conformes à l'idée qu'on se fait des choses.

L'essence de l'enseignement, si on veut vraiment l'appliquer, tient dans cette seule phrase qui est fondamentalement de savoir gérer ses émotions, s'examiner soi-même, dompter son esprit.
En fait, une fois que l'on arrive à faire cela, il n'y a rien d'autre à faire. Que reste-t-il d'autre à faire ? Il y a des gens qui parlent énormément de l'éveil et de l'illumination spirituelle. Qu'est-ce que c'est ? Je n'en sais rien. Mais il me semble que si on a vraiment dompté l'esprit, que si l'on est conscient de ce qu'on est et de ce qu'est son esprit, le reste se fait automatiquement et sans effort. Là où il faut faire un effort en revanche, c'est pour essayer d'appliquer cet enseignement, d'essayer vraiment de regarder en soi au lieu de regarder chez les autres. Cela veut dire que, normalement, l'on ne se donne pas le temps de porter ce regard sur soi, parce qu'on est extrêmement occupé, on a une vie très rapide, on s'occupe de toutes sortes de choses, on court à droite et à gauche pour diriger, pour gagner de l'argent, pour s'occuper de son empire. A cette activité, on ajoute un autre niveau d'activité sur le plan spirituel, on se croit obligé de courir partout pour aller voir des enseignants et écouter des tas d'enseignements : il y en a qu'on aime, qu'on n'aime pas, qu'on garde, qu'on ne garde pas. Tout cela devient finalement une espèce d'habitude dont on ne retire pas vraiment de bienfait.
Ce qu'il faut essayer de faire, c'est de mener une vie plus centrée, vivre normalement, s'occuper de sa famille, de sa vie, et en même temps, veiller précisément à dompter son esprit. C'est une chose qui doit se faire au jour le jour, chaque jour, jour après jour. Ce n'est pas une chose qu'on fait une fois et puis cela suffit. Il ne faut pas se dire "je l'ai fait hier ou la semaine dernière ou je l'ai fait il y a un mois", c'est tous les jours qu'il faut appliquer cela, à chaque heure, et même à chaque instant. Dès l'instant où un poison se fait jour dans l'esprit, il faut le repérer et le gérer correctement : à travers la compassion et la compréhension.
En fait, c'est extrêmement simple, parce que cela ne met en jeu que soi-même, cela ne dépend de personne d'autre, il suffit soi-même de faire cette démarche, cet effort.
Quand on arrive à faire cela, on devient progressivement de plus en plus pur soi-même; et quand on est plus pur, on commence à apercevoir beaucoup plus de bonté, de beauté, de tolérance chez les autres. Quand on a un certain degré de pureté en soi, on voit la pureté et la beauté des autres, parce que l'expérience qu'on a des autres, c'est une projection de soi-même, une image. Si cette image est belle et transparente, on perçoit des autres quelque chose de beau, de transparent. Quand on apprend à se dompter soi-même, on arrive à voir le monde d'une manière pure : le monde devient plus pur et plus beau.

On n'a donc pas besoin de changer le monde, de rééduquer les autres et d'infléchir les choses pour qu'elles aillent dans le sens qu'on veut. On pourrait passer des vies entières à essayer de vouloir changer les autres, et après dix vies entières, on n'aurait peut-être pas réussi à changer une ou deux autres personnes, alors qu'ici, on se purifie soi-même.

Je n'ai pas passé beaucoup de temps à étudier, je n'ai jamais eu le temps d'être quelqu'un de spirituel, c'est pourquoi je parle toujours des choses en termes très simples. Quand je parle d'émotions, il s'agit d'un type de sentiments négatifs, mais je ne produis pas toute la gamme possible des émotions. Il y a beaucoup de livres dans lesquels on parle de nuances extrêmement fines, on parle d'agrégats, des différents types de négativité, il y a des nomenclatures où il y a des chiffres, des degrés, des types différents, des sortes de poisons, mais je ne m'y connais pas très bien, je ne suis pas fort avec les chiffres, je ne comprends pas ces complications. J'aime dire les choses de manière très simple, et je trouve que la manière la plus simple est la plus utile en fin de compte. Quel que soit le nombre d'émotions qui se présentent, si on sait gérer une émotion correctement, on saura gérer les autres aussi. Si on sait faire face à l'ego, gérer l'ego, on saura gérer toutes les sortes de sentiments négatifs qui peuvent se présenter, et c'est ainsi qu'on pourra développer une certaine compréhension, ce qu'on pourrait appeler la sagesse.

La manière dont j'envisage l’existence va plutôt dans ce sens : essayer d'appliquer quelque chose de très simple, essayer de simplifier parce que notre vie est déjà extrêmement compliquée, et si on y rajoute encore des complications, on n'y arrivera pas. Nous avons besoin de simplifications, pas de complications dans notre vie. Simplifier c'est donc s'occuper d'une ou deux choses, très bien, très finement. Si nous nous occupons de l'essence même d'une chose et que nous l'appliquons de manière régulière et répétée, nous pouvons vraiment arriver à une compréhension profonde. C'est ce qui débouche sur ce qu'on appelle le développement spirituel, que j'aurais tendance à appeler une plus grande maturité. Etre plus mûr, c'est quand on est un peu plus sage. On pourrait dire que c'est lorsqu'une personne devient plus tolérante, plus patiente.
Quand on est patient, cela veut dire qu'on a compris plus de choses, c'est un degré de maturité accru. C'est pourquoi je pense que plutôt que de se préoccuper d'illuminations spirituelles ou d'éveil, il vaut mieux essayer d'acquérir une certaine maturité.

Il n'y avait là rien de très excitant à raconter, mais tout ce que je voulais dire, je l'ai dit. Si vous souhaitez à présent soulever un point ou dire quelque chose, ...


Tu n’es qu’un vieux fou

Se contenta de répondre Necronomicon, qui s’était calmé. Il s’empara à nouveau du livre, se rassit et dit au vieillard :

Arrêtes tes ragots et laisse-moi finir ce livre, nous verrons alors si ce que tu viens de dire tiens debout
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necronomicon
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MessageSujet: Re: I : Le Livre du Diamant   Dim 26 Juin - 2:58

Chapitre Trois : Les 4 Préliminaires Ordinaires *

* D’après la traduction d'un enseignement donné par Ringu Tulku Rinpoché

Introduction

"La pratique" signifie travailler avec notre esprit, traiter avec notre esprit, transformer notre esprit. Pourquoi avons-nous besoin de transformer notre esprit ? Parce que lorsque notre esprit n'est pas clair, tout devient déformé. Nous n'avons pas une claire compréhension de nous-mêmes ou de nos motivations, et ainsi, les problèmes, les confusions et le insatisfactions surgissent. Si nous pouvions voir notre chemin clairement et devenir plus conscients de la manière dont les choses sont réellement, cela nous aiderait à être un peu plus clair vis-à-vis de nous-mêmes, de ce que nous sommes et pourquoi nous sommes ainsi.

Il y a une grande différence entre comprendre quelque chose, et, en définitive, la mettre en pratique. Un étudiant en géographie qui a étudié la ville de Sénata décrira une Sénata différente de celle de la personne qui y vit. De la même manière, si nous parvenons à une conclusion par l'analyse logique, rationnelle, cette conclusion sera probablement différente de celle à laquelle nous serions parvenu à travers notre expérience. Lorsque nous parlons de contemplation, compréhension, etc., nous pouvons penser que la méditation n'est qu'une philosophie. Mais ce n'est pas la finalité, ceci n'est pas la véritable compréhension. La véritable compréhension de la méditation est l'expérience.

Un véritable changement en nous-mêmes n'aura pas lieu à travers une approche intellectuelle. Nous devons trouver la compréhension à un niveau intellectuel, et ensuite l'emmener profondément en nous-mêmes pour qu'elle devienne une expérience réelle. Nous devons appréhender la signification de ces quatre préliminaires, et par la méditation et la contemplation, absorber cette compréhension jusqu'à ce qu'elle devienne une partie de notre système. Lorsque cela se passe, alors notre regard extérieur fondamental, notre manière primordiale de voir les choses, change. Bientôt, tout le reste suit. Toutes les autres choses, nos croyances, nos manières de réagir changent également parce qu'elles dépendent de ce regard extérieur.

Jusqu'à ce que nous changions notre manière fondamentale de voir les choses, rien d'autre ne changera. Nous pouvons disposer de quelques informations sur la manière dont les choses sont réellement, mais si nous n'utilisons pas cette information, nous continuerons à réagir exactement de la même manière. Ce n'est que si cela devient notre expérience, que nous serons transformés. La seule manière de les absorber au sein de notre expérience et d'y penser encore et encore, pour nous familiariser ave eux aussi totalement qu'ils deviennent une partie de nous-mêmes. Il n'y a pas d'autre manière.

Les "Quatre préliminaires" ou les "Quatre bases ordinaires" enseignées ici sont une introduction à la pratique.

*Les quatre citations fondamentales ont été traduites sous l'aimable et éclairante guidance de Khenchen Thrangu rinpoché par Katia Holmes.

1. La Précieuse Existence

* "Le premier élément de méditation concerne la précieuse existence, dotée de chaque liberté et de chaque chose. Elle est difficile à obtenir et peut être facilement détruite, ainsi, "maintenant" est le moment de la rendre pleine de sens."

On dit que le royaume humain, le corps humain, est la condition parfaite pour pratiquer (ou tout autre corps possédant un intellect comparable ou supérieur à l’humain. Nous utiliserons le therme « humain » pour représenter toute créature pensante et capable de libre arbitre). Dans ce corps humain, nous savons des choses à propos du malheur, mais nous avons quelques loisirs. Nous ne somme pas entièrement contrôlés par nos propres états, nous avons le libre arbitre - une volonté libre - et nous sommes capables d'effectuer des choix. En même temps, nous voyons les problèmes des autres, leurs ennuis, et leur malheur; la compassion et la motivation à aider se développent en nous.

Certaines personnes s'imaginent qu'une naissance en tant qu'être humain (par opposition à l'animal, le poisson ou l'insecte) n'est précieuse que si l'on obtient également des conditions favorables. Mais toute vie humaine est précieuse. Malheureusement, nous n'y accordons pas toujours la valeur qu'elle mérite ou nous n'apprécions pas la chance que nous avons. Lorsque nous ne nous rendons pas compte de la vraie valeur de quelque chose, nous ne l'apprécions pas de manière correcte, ou nous ne l'utilisons pas correctement. Si vous possédez un verre de cristal, mais que vous ne savez pas que c'est du cristal, vous pourriez le traiter comme un vieux gobelet. Si vous savez que c'est du cristal, et que ce verre est précieux pour cette raison, alors vous le traiterez avec précaution, et même si vous ne l'utilisez que pour boire de l'e*u, vous apprécierez sa beauté, et vous vous sentirez fier et heureux lorsque vous l'utilisez. Vous pouvez ne boire que de l'e*u, mais c'est dans un verre en cristal !

Lorsque vous réalisez que votre vie est importante, valable, précieuse, difficile à obtenir et facile à perdre, vous ne la gaspillerez pas. Vous l'apprécierez plus, et vous l'utiliserez à de meilleurs buts. Vous ne la gâcherez pas en vous rendant inutilement misérable ou en vous souciant trop à propos de petites choses. Si quelque chose va de travers, alors, soit, cela va de travers, mais vous avez toujours votre vie qui est très précieuse. Si vous comprenez ceci profondément, alors, même si vous n'avez rien d'autre, absolument rien que votre vie, vous avez encore toujours votre possession la plus importante.

Comme vous le savez, on considère que les êtres humains étaient l'espèce la plus intelligente sur terre - et peut-être le sommes-nous. Nous pouvons utiliser cet intellect, nous pouvons utiliser ce pouvoir en bien ou en mal : nous pouvons l'utiliser pour nous détruire nous-mêmes et l'univers entier, ou nous pouvons l'utiliser au bénéfice de nous-mêmes et des autres. Mais quelle que soit la manière dont nous l'utilisons, nous possédons ce grand pouvoir et cette grande opportunité.

Comprendre en profondeur la valeur de notre vie signifie comprendre la grande opportunité que nous avons d'être bénéfiques à tellement de gens - y compris nous-même. Si nous le voulons vraiment, et si nous essayons, nous pouvons même éliminer tous nos problèmes. Si nous pouvons développer cette compréhension, cette conviction, quoi que nous fassions, en sera affecté et influencé.

De plus, ceci ne changera pas seulement la manière dont nous nous regardons nous-mêmes, mais aussi la manière dont nous regardons les autres. Lorsque nous nous apprécions, lorsque nous accordons de la valeur à notre vie, alors nous accordons également de la valeur aux autres. "Je m'apprécie, et si je suis ainsi, je ne gâcherai pas ma vie, de la même manière, je respecterai aussi la valeur de tous les autres êtres". Si nous voyons vraiment les choses ainsi, nous pourrions tous devenir d'agréables êtres non ? Si nous comprenons d'abord ceci, alors pensez et repensez-y, méditez dessus, souvenez-vous en, et faisons en une partie de nous-mêmes, nous pouvons en définitive nous transformer et devenir de meilleurs gens.

La vie est précieuse, difficile à obtenir, et très facile à perdre. Lorsque vous comprenez cela profondément, lorsque vous appréciez vraiment la valeur de votre vie, vous ressentez une grande inspiration, un besoin puissant de vivre votre vie à dessein, pour vous-même et pour les autres. Lorsque vous avez réellement cette compréhension, cette attitude, cela signifie que vous avez accompli le premier préliminaire.
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necronomicon
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MessageSujet: Re: I : Le Livre du Diamant   Dim 26 Juin - 3:09

2. La Mort et l’Impermanence

* "Deuxièmement, l’univers et tout ce qui y vit est impermanent – en particulier la vie des êtres qui est comme des bulles d’eau. Le moment de la mort est incertain et lorsque vous mourrez, vous deviendrez un cadavre. La pratique vous aidera à ce moment, pour cette raison, pratiquez avec assiduité maintenant."

Ce n'est pas vraiment dire "vous", c'est dire "je". Ces philosophies ne sont pas abstraites : elles s'appliquent à chacun de nous, ici, et donc, maintenant, à vous, le lecteur de ce livre. Lorsque "je" meurs, je deviendrai un cadavre. La pratique m'aidera à ce moment, pour cela je dois pratiquer avec assiduité.

Nous n’allons pas expliquer la signification de "l'impermanence" et de "la mort", mais traiter de la manière dont nous en faisons l'expérience. Chacun de nous, nous savons que rien n'est vraiment permanent. Tout le monde meurt, tout change - nous pouvons en voir l'évidence partout. Ce n'est pas un secret. Ce n'est pas difficile à comprendre. Toutefois, lorsque quelque chose nous arrive, comme par exemple si votre Calamium se casse, ou que notre holopanneau cesse de fonctionner, alors nous sommes vraiment bouleversés. Je sais que cet holopanneau tombera en panne un jour, mais quand il le fait finalement, je serai troublé. De la même manière, vous pouvez être très perturbé par la mort de quelqu'un qui vous est proche - même si vous savez que personne ne vit éternellement.

Il est dit que tout ce qui est composé est impermanent. Tout ce qui a été assemblé sera dispersé, arrivera à une fin. Tout ce qui a été construit s'effondrera. Chaque fois que nous rencontrerons quelqu'un, nous aurons aussi à partager. Quiconque est né mourra. Tout change. Il n'existe pas de substance composée qui ne change pas, et tout est une substance composée. Ceci est la compréhension de l'impermanence.

Comment méditer sur l'impermanence ? Il y a de nombreuses manières ou méthodes différentes. D'abord, contemplez l'impermanence du monde extérieur, et ensuite contemplez l'impermanence des êtres qui y vivent.

Pensez à la Terre, comment elle a changé depuis le début du temps, comment elle a été formée et comment elle se désintégra à la fin. Cette grande terre que nous habitions, le soleil et la lune que nous connaissions si bien, il est venu un temps où eux aussi se désintégrèrent et disparurent. Même dans cet univers, les systèmes solaires, les planètes et les étoiles : tous sont en mouvement, changent, grandissent et rétrécissent.

Il n'y a pas que ces grands changements, mais il y a aussi de petits changements, comme celui des saisons, le passage du jour à la nuit, du beau temps à la pluie. Il n'y a pas de pause dans le temps, chaque moment apporte le changement. Essayez de penser à ces choses et de comprendre que ceci est comment il faut méditer sur l'impermanence du monde extérieur.

Pensez à présent aux êtres de cet univers, ils sont aussi impermanents. Nous pouvons regarder autour de nous et voir les autres êtres changer, nous pouvons les voir vieillir, nous pouvons les voir mourir. Nous pouvons également penser à notre propre mort, à notre propre impermanence. De ces deux manières, nous augmentons notre compréhension, et nous devenons plus conscients de la nature de l'impermanence.

Parmi ces deux possibilités, la mort est l'exemple le plus important de la manière dont l'impermanence se montre. La contemplation de la mort est une manière de réaliser l'impermanence dans sa forme la plus complète. Il faut comprendre que tout le monde, chaque personne individuelle, y compris vous-même, le lecteur de ce livre, mourra inévitablement un jour. Nous ne savons pas quand nous mourrons, mais il n'existe rien dans ce monde qui puisse nous empêcher de mourir.

Pourquoi sommes-nous tellement certains que nous allons mourir ? Eh bien, avez-vous vu quelqu'un qui vit maintenant qui vivra toujours et ne mourra jamais ? Si j'expire et qu'ensuite je n'inspire plus, je suis mort ! Vous êtes capable de lire ceci maintenant, simplement parce que bien que vous ayez dormi la nuit passée, vous n'avez pas cessé de respirer ! La vie est tellement peu sûre ! La vie est si instable que si nous expirons et n'inspirons pas ensuite, nous mourons !

Notre vie est comme un mare, vers laquelle ne coule pas d'eau, l'eau ne fait que s'en écouler. Même lorsqu'une seule goutte s'en écoule, l'eau de la mare diminue. Chaque moment que nous vivons nous rapproche de la fin, de la mort, de la désintégration. C'est folie de l'ignorer. Ceci est la vérité et nous devons y faire face.

La mort est certaine, mais le moment où elle survient ne l'est pas; nous pourrions mourir à tout moment. Etre jeune n'est pas une garantie contre la mort, être en bonne santé n'est pas non plus une garantie contre la mort. Notre prospérité ne peut l'arrêter, ni notre position, ni nos amis, pas plus qu'aucun de nos pouvoirs physiques ou mentaux, et il n'y a absolument aucune certitude quand la mort viendra. Nous devons considérer qu'un jour nous mourrons et essayer de nous accommoder de ce fait.

Trop souvent, les gens pensent que l'idée de la mort est malheureuse et déprimante, et qu'il est malheureux d'y penser ou d'en parler. Bien que nous sachions que nous allons mourir un jour, lorsque nous voyons d'autres gens mourir, cela nous fait peur et nous met mal à l'aise. Si toutefois nous considérons ce phénomène plus profondément, une perception et une acceptation de la mort ne nous rendra pas malheureux ou dépressif. C'est le contraire ! Si nous le comprenions, nous serions plus heureux, parce que nous ne ressentirions pas de crainte.

Si nous acceptions vraiment que nous ne sommes réunis que pour une période brève et que nous partirons bientôt, je pense que nous ne gaspillerions pas tant de temps à comploter et à comploter. Si nous tenions pour certain que nous allons mourir, disons, lundi prochain, alors tous les petits problèmes d'aujourd'hui deviendraient insignifiants et nous apprécierions réellement le fait d'être en vie. Ce n'est que si nous considérons réellement la mort, que nous pouvons apprécier la vie. Et si nous pouvons réellement acquérir une profonde compréhension de l'impermanence, alors nous pourrions apprécier la vie et nous en réjouir au lieu d'être piégé dans ses petites tracasseries.

L'impermanence ne signifie pas que tout arrive à un point d'arrêt, elle signifie que tout change. A cause de l'impermanence, à cause de l'interdépendance, il y a changement, croissance et déclin. Pour cela, ce que nous sommes maintenant ne va pas durer; nous changeons tout le temps. Ce que nous expérimentons maintenant, le difficile et le douloureux, aussi bien que ce qui est confortable et réjouissant, changera également.

Cela signifie aussi que si rien n'est permanent, ou vraiment stable, nous-mêmes sommes capables d'amener un changement. Nous pouvons améliorer ou aggraver les choses. Si nous nous changeons pour un mieux, cela affectera positivement tout un chacun autour de nous. Ainsi, si nous voulons améliorer notre esprit et notre attitude envers la vie, nous devrions commencer à le faire maintenant parce que nous pourrions pas avoir une telle opportunité à nouveau. Nous ne devons pas être lâches ou complaisants et penser "J'ai un précieux corps humain, ouais !". Ce n'est pas suffisant. Cela aussi changera, et quoi ensuite ?

La méditation sur l'impermanence est un "motivateur", une compréhension qui vous donne une puissante motivation à pratiquer. Tout va changer et un jour je mourrai. Lorsque je mourrai, la seule chose que "je" puisse emporter, est mon esprit - mes actions et réactions, mon conditionnement. Pour cela, la seule manière dont je puis m'aider moi-même est de changer la manière dont l'esprit réagit. Seule la pratique peut m'aider à faire ceci, aussi, je vais pratiquer.
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MessageSujet: Re: I : Le Livre du Diamant   Dim 26 Juin - 3:28

3. Le Karma

* "Troisièmement, après votre décès, vous aurez à expérimenter votre propre karma, sans que vous n’ayez aucune manière de contrôler ce qui se passe. Ainsi, abandonnez les actes nuisibles – tout votre temps devrait être consacré à la pratique de la vertu. En réfléchissant à ceci, évaluez votre vie quotidiennement."

Karma signifie "actions et réactions", "causes et effets". Le karma n'est pas quelque chose en quoi vous croyez, mais quelque chose que vous comprenez. Que vous y croyiez ou non, le karma continuera à avoir lieu, si vous pouvez en acquérir la compréhension, cela vous aidera à vous améliorer.

Tout ce qui se passe est la continuation de quelque chose qui a eu lieu auparavant. Une combinaison d'éléments particuliers donnera lieu à une situation particulière. Une autre combinaison donnera une autre situation. C'est comme la chimie. Si vous combinez de l'hydrogène et de l'oxygène, vous obtenez de l'eau. Ceci ne s'applique pas seulement à ce que nous pouvons voir, mais à toutes nos actions. Nous sommes nous-mêmes entièrement responsables de ce qui nous arrivera dans le futur et de ce que nous sommes maintenant. Ce que nous sommes maintenant et ce que nous faisons à présent est le résultat de nos actions passées. La manière dont nous agissons à présent affecte notre futur, pour cette raison, à moins que nous ne fassions des changements importants, ce que nous serons dans l'avenir sera fort semblable à ce que nous sommes maintenant.

La "loi" du karma ne fonctionne pas comme les lois faites par les hommes. Personne ne note nos actions dans un carnet pour décider de la récompense ou du châtiment. "Il/elle a fait ceci, et pour cela, il/elle mérite d'être traité ainsi". Cela ne fonctionne pas ainsi. Il n'y a personne qui agit comme un juge "Faites ceci" ou "Vous ne devez pas faire cela ! ". Trop de gens ont cette compréhension et y réagissent très négativement. Si vous voyez les choses de cette manière, vous en aurez du ressentiment, et vous ferez probablement le contraire ! D'autre part, si vous comprenez le karma, vous suivrez le conseil pour votre propre intérêt, et pour cette raison, vous mènerez une vie plus heureuse.

Tout ce qui se passe, tout ce que nous faisons avec de forts sentiments, avec de fortes émotions, est incorporé dans le propre flux de notre esprit, dans notre manière de penser et de réagir, et cela renforce nos modèles émotionnels et de pensée. Cela devient une partie de notre personnalité, et pour cette raison, cela donne lieu au même résultat. Beaucoup de gens disent : "J'ai ce problème à cause d'un grand choc que j'ai éprouvé au cours de mon enfance". Ceci est bien connu de nos jours n'est-ce pas ? Comment cela arrive-t-il ? C'est la même chose : ceci est la manière dont le karma fonctionne. Ce n'est pas que vous auriez fait quelque chose pendant votre enfance, quelque chose s'est passé, vous en avez eu l'expérience, et vous avez réagi. Quoique nous fassions, quelque forte réaction que nous ayons, cela devient une partie de notre être. Cela nous fait mûrir, et lorsque certaines circonstances s'assemblent, la réaction réapparaît, parfois même de manière plus puissante. Lorsque cela se produit, parfois il n'y a pas grand chose que nous puissions y faire parce que cela est devenu tellement fort.

Parfois, lorsque quelque chose de mauvais ou de désagréable nous arrive, nous devenons troublés et frustrés. "Comment ceci peut-il m'arriver ? Je ne mérite pas ceci !" Nous sommes fâchés et pleins de ressentiment. Nous ne devrions pas l'être. Cela survient à cause de notre passé, de quelque chose que nous avons nous-même fait. Mais il n'est pas nécessaire de nous en blâmer non plus, parce qu'il peut remonter à des événements particuliers qui nous sont arrivés il y a très longtemps. Si nous comprenions et acceptions la loi du karma, il serait plus aisé pour nous d'accepter ce à travers quoi nous passons.

Nous pouvons voir des exemples de la manière dont fonctionne le karma au cours de cette vie, et si nous le plaçons dans la perspective plus grande, plus longue, de nombreuses vies, nous comprendrons plus facilement comment il fonctionne. Bien sûr, la vie n'est pas toujours facile. Il y a du bon et du mauvais. Mais si nous pouvons accepter que ce qui est déplaisant et difficile, et aussi ce qui est plaisant et réjouissant, soit le résultat de notre propre karma, nous ne rechercherons pas quelque chose ou quelqu'un à blâmer, nous ne serons pas fâchés ou affectés.

Il importe de comprendre que le karma changera inévitablement, parce que, lui aussi, n'est pas permanent ni indépendant. Tout ce qui se passe est seulement temporaire, ainsi, même si quelque chose de négatif, de réellement déplaisant doit se passer, nous devrions voir que, même si c'est douloureux, cela passera. Cela ne durera pas, c'est une chose temporaire avec laquelle nous devons travailler et que nous devons purifier pour nous assurer qu'elle ne se produira plus à nouveau. Le Karma est la cause et l'effet, et il peut aussi être modifié par nos propres efforts. Un "problème" est quelque chose dans le flux de notre esprit, ainsi, lorsque nous avons un gros problème, nous ne devrions pas essayer de nous enfuir, mais nous devrions essayer de le résoudre avec un esprit plus calme, moins agité. Si nous pouvons faire cela, les choses ne nous sembleront plus aussi difficiles.

En bref, la "loi" du karma est que si nous faisons quelque chose de bien, avec une bonne intention, il y aura un résultat positif; si nous faisons quelque chose de mal, de nuisible, alors il y aura un résultat négatif. Ce n'est pas difficile à comprendre. Si je lui souris, il me sourit en retour. Si je lui tire la tête, il tirera la tête en retour. Si je jette une pierre en l'air, elle retombera lourdement, si je jette une fleur, elle retombera légèrement. Tout est ainsi. C'est là la principale compréhension du karma.

Supposons que ceci soit compris. Ce que nous essayons de faire à présent est d'amener cette compréhension au sein de notre propre expérience. Par exemple, si je développe une forte colère, et que j'entretiens cette haine et ce ressentiment pendant une longue période, quel en sera le résultat sur moi ? Que vais-je devenir ? Et si en lieu et place de la colère et de la haine, je développe l'amour, la gentillesse et la joie, et que j'entretienne ceux-ci pendant une longue période, que vais-je devenir ?

Ce que nous sommes maintenant continuera. Dans cette vie, nous avons l'enfance, la jeunesse, et la vieillesse. Parfois des gens critiquent leur jeunesse à cause de tous les problèmes et de tous les troubles, et ils pensent que lorsqu'ils prendront de l'âge, tout se calmera. Je pense que ceci est tout à fait faux. Si j'ai créé toutes sortes de craintes et d'anxiétés au cours de mes années précédentes, elles resteront avec moi et elles continueront à m'affecter non seulement dans cette vie, mais aussi dans les prochaines, en une longue chaîne. Ceci est la compréhension du karma.

Bien sûr, nous ne pouvons pas comprendre notre karma dans tous ses détails. C'est trop compliqué parce qu'il dépend de tellement de facteurs. Personne ne possède seulement du bon ou du mauvais karma, tout est mélangé. Notre karma est un peu de tout - y compris les restes, et cette portion dans le fond du réfrigérateur qui est là depuis si longtemps que vous ne savez même plus ce que c'est !

Lorsque nous possédons cette forte compréhension de la manière dont fonctionne le karma, il devient évident que pour nous améliorer, nous devons faire quelque chose à propos de nos émotions négatives. Nous savons que si nous créons un karma puissant, il sera difficile, sinon impossible de le contrôler. Si vous devenez très dépressif, même si vous savez qu'il n'y a pas vraiment de cause, de raison, c'est trop fort à repousser. Peut-être, si vous aviez reconnu le signal d'alarme il y a longtemps, vous auriez pu diminuer ses effets, mais à présent c'est devenu trop fort. Lorsque notre karma négatif arrive à pleine maturité, il est très difficile à contrôler.

Si nous comprenons que c'est pour notre propre bien, nous sommes plus aptes à remarquer et à travailler sur nos émotions négatives. Si nous savons clairement que quelque chose nous affectera nous et ceux qui nous entourent d'une manière déplaisante, que ce soit dans un avenir immédiat ou à long terme, alors nous serons moins enclins à le faire, même si la volonté de le faire est là ! Il y a une histoire pour illustrer ceci !

Il y avait une fois un berger décidé à s'améliorer, ainsi il se rendit auprès d'un ermite sage pour lui demander conseil. L'ermite lui dit de se munir de deux sacs de cailloux, l'un rempli de cailloux noirs, l'autre de blancs. Pendant qu'il serait assis à surveiller ses moutons, il surveillerait ses pensées : si une pensée négative lui venait à l'esprit, il prendrait un caillou noir et il le mettrait d'un côté. Si une pensée positive lui venait à l'esprit, il prendrait un caillou blanc et le mettrait de l'autre côté. Le berger fit ceci, et après un certain temps, il vit que le tas de cailloux noirs grandissait vraiment, alors que le tas de cailloux blancs restait petit. Il était un peu ennuyé et il retourna auprès de l'ermite pour lui demander ce qu'il devrait faire. L'ermite répondit "Cela n'a pas d'importance. Ne t'inquiète pas. Continue seulement comme tu fais." Après un temps, lentement, lentement, les deux tas devinrent identiques, et après un peu de temps, le tas blanc devint plus grand que le tas noir.

Comme nous disons, "pour savoir ce que vous étiez dans le passé, regardez-vous simplement maintenant, et pour savoir ce que vous serez dans l'avenir, regarder seulement vos actes maintenant." Vous n'avez pas besoin de consulter une diseuse de bonne-aventure pour savoir ce que vous étiez au cours de votre vie précédente, ce que vous étiez alors était à peu près la même chose que ce que vous êtes maintenant. Et si vous voulez savoir ce que vous serez dans le futur, regardez ce que vous êtes en train de faire maintenant, parce que vous êtes en train de créer votre propre avenir. La compréhension, l'expérience du karma, cette conviction renforcera votre approche positive à faire les choses. Si nous savons ce qui est faux et ce qui est juste, et si nous sommes vigilants, nous irons dans la bonne direction. Démarrez prudemment car il y a une longue route à faire. Lorsque nous avons une longue route à parcourir, nous marchons lentement et fermement, n'est-ce pas ? Si nous commençons en nous précipitant, nous n'irons pas très loin.
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MessageSujet: Re: I : Le Livre du Diamant   Dim 26 Juin - 16:49

4. Le Samsara

* "Nous sommes constamment tourmentés par les trois sortes de souffrance. Pour cela, les endroits samsariques, les amis, les plaisirs et les possessions sont comme une partition dans un jeu qui serait donnée par un exécutant qui nous amènerait ensuite à l’endroit où nous serions exécutés. Coupez les cordes de l’attachement, aspirez à l’illumination avec diligence."

Nous continuons de cette manière : nos actions créent des résultats, et ceux-ci à leur tour créent plus d'actions et plus de résultats. Cela continue et continue. A quoi ressemble cette situation ? Est-elle belle, merveilleuse, ou y a-t-il quelques difficultés, des choses que nous voulions changer ? Ceci est ce que nous contemplons. Dans quel type d'état mental sommes nous maintenant à l'instant ? Si nous n'avons pas de problèmes du tout, si tout est beau et bien, alors cela va. Il n'est pas besoin de faire quoi que ce soit d'autre. Mais si ce n'est pas le cas, nous devrions essayer d'identifier les problèmes inhérents à cette manière de vivre, à cette manière de penser, et à ce qui les a causés.

Lorsque nous regardons nos vies, ou la vie des autres, nous voyons qu'il y a des problèmes, du stress, des chagrins, la vie peut être vraiment dure par moments. Lorsqu’on regarde au sein de la vie, on y voit la naissance, la vieillesse, la maladie et la mort.

Comment ces choses nous affectent-elles ? Pouvons-nous leur échapper ? Nous devons tous mourir, et nous devenons tous vieux et malades, même si nous ne le voulons pas. Ces problèmes sont parfois lourds à porter. Ils surviennent encore et encore. Lorsque nous résolvons un problème, nous en avons un autre ! Quelles sont les causes principales, les raisons essentielles pour lesquelles ces problèmes surgissent ? Puisque tout le monde devient malade, vieillit, meurt ... pourquoi cela nous préoccupe-t-il tant ? Pourquoi trouvons-nous que c'est si difficile à supporter ?

Si nous regardons nos vies, nous pouvons voir trois sortes de souffrance, ou de situations que nous trouvons difficiles à supporter. La première est la souffrance de la souffrance. ceci est lorsque nous avons un problème évident, comme obtenir ce que nous ne voulons pas, ou ne pas obtenir ce que nous voulons, ou lorsque nous expérimentons la douleur, ou la mort de quelqu'un que nous aimons - quelque chose qui nous rend vraiment malheureux.

Cette sorte de problème ne survient pas qu'une fois pour disparaître à jamais quand il est résolu. Cela ne se passe pas ainsi. Ces problèmes qui nous font vraiment souffrir se produiront à nouveau, parce que nous allons dans ce sens, parce que nous acceptons que les choses déplaisantes soient inévitables et que cela devient une habitude. Si nous sommes habitués à quelque chose, alors nous la tenons pour acquise. Nous nous identifions tellement à nos souffrances que nous considérons qu'elles font partie de nous-même, qu'elles sont une part de notre identité.

Il n'y a pas d'exception particulière, cela se passe tout le temps. Parfois on accuse les Cyber-bouddhistes d'êtres des gens très abrutis, très sérieux, qui contemplent toujours la souffrance. Mais lorsque nous parlons de la souffrance, nous comprenons qu'elle est désagréable et indésirable. Nous essayons d'en voir la finalité clairement, d'accepter les choses pour ce qu'elles sont, et nous faisons ensuite ce qu'il faut faire pour en sortir. Notre préoccupation principale est de comprendre la cause de la souffrance et de savoir comment y mettre fin.

Il est important à ce stade, de comprendre ce que nous voulons dire par "accepter". L' "acceptation" n'est pas une attitude passive par laquelle nous laissons seulement les choses se passer. L'acceptation signifie que nous voyons ce qui arrive - quoi qu'il arrive - exactement tel que c'est - sans le colorer, sans le cacher sous un tapis, sans tricher avec nous-même en prétendant que c'est quelque chose d'autre. "Ceci est vraiment horrible, aussi que vais-je y faire ?" Et alors, nous faisons ce qui est nécessaire pour nous en sortir, nous travaillons sur les causes de la souffrance, de quelque manière adéquate que ce soit. Ceci est l'approche.

La deuxième sorte de souffrance est la souffrance du changement. Si nous y regardons de près, même lorsque nous n'avons pas de problème spécifique, pas de douleurs actuellement, nous éprouvons une peur du changement. Tout change continuellement, rien ne reste comme c'est même d'un moment à l'autre. Rien n'est permanent. Nous allons bien maintenant, mais cela ne va pas durer. Lorsque nous avons tout, lorsque tout va bien, et que nous n'avons pas de problème, nous nous inquiétons que quelque chose puisse se passer, que quelque chose pourrait changer. Nous portons cette préoccupation, cette crainte qui se terre à l'arrière de notre esprit, profondément dans notre coeur. Et les polices d'assurances ne suppriment pas la peur - elles ne font que l'étoffer.

La troisième sorte de souffrance est la souffrance qui fait partie de la nature de toutes choses. Lorsque nous parlions de l'impermanence et du karma, nous avons trouvé qu'il n'y avait rien, absolument rien à quoi nous puissions nous fier. Tout est affecté par tout, une chose change et le reste suit. Tout existe seulement comme un flux continu, et il n'y a pas de rocher sur lequel nous pouvons bâtir des fondations.

Avez-vous remarqué que d'une manière ou d'une autre, vous êtes presque toujours dans un léger état d'anxiété, ou que vous soyez sous pression ? C'est le samsara. Pour dire les choses simplement, le samsara n'est pas le monde physique qui nous entoure, mais c'est notre manière de voir les choses, et notre réaction mentale à ces choses. Le samsara est un état d'esprit où nous ressentons constamment de l'aversion et de l'attachement. Nous étiquetons nos réactions : "Ceci est mauvais, je n'en veux pas, je ne peux pas supporter cela. " Ceci est l'aversion, et l'aversion est l'ingrédient le plus important des souffrances du samsara. Lorsque nous ne pouvons pas supporter quelque chose, nous voulons y échapper, nous encourir loin de cela, mais nous ne pouvons pas le fuir parce que l'aversion est dans notre esprit. L'aversion donne lieu à la peur, et, à cause de la peur, nous développons l'attachement.

L'attachement est le besoin de s'accrocher à quelque chose, parce que nous pensons que cela pourrait être la solution à nos craintes, ou que nous sentions que nous ne pourrions pas nous en passer. Nous pouvons nous sentir déçus si nous ne l'avons pas. Parfois des gens se demandent s'il y a une différence entre l'amour et l'attachement. Il y a une grande différence ! L'attachement est orienté vers soi, vous vous agrippez à quelque chose uniquement pour votre propre besoin. La compassion et l'amour sont dirigés vers les autres, pas vers vous-même. Lorsque vous ressentez une compassion sincère, un amour véritable, ils ne peuvent pas se transformer en haine. Mais l'attachement peut se transformer en jalousie et en haine en une seconde, juste ainsi. Cela est la différence.

L'attachement et l'aversion sont comme les deux faces d'une pièce de monnaie. Mais même si nous courons derrière quelque chose et que nous sommes capables de nous en saisir, cela ne nous donne jamais une paix et une joie complètes, car le problème est dans la manière dont notre esprit réagit. Notre vie devient ainsi une course sans fin. Par exemple, je pense que j'ai besoin d'un type particulier de maison, que c'est la réponse. Si j'obtiens cette maison, je trouverai une joie durable. Alors, je vais la chercher, faisant différentes choses. Je travaille pendant de longues heures, je blesse les autres, je subis de nombreuses difficultés et maints problèmes et finalement, j'acquiers cette maison. Mais alors, je trouve que rien n'a changé. Je suis toujours stressé, j'ai toujours des problèmes. Les peurs et l'anxiété sont toujours là. Alors je pense que j'avais tort, "Non, la maison est bien, mais j'ai besoin d'un meilleur vaisseau!" Alors, à nouveau, avec beaucoup de difficultés, je me mets en quête du vaisseau. A la fin, j'obtiens la vaisseau désiré. "Oui, maintenant je l'ai !" Mais je ne l'ai pas "eu".Je trouve que rien n'a changé. Tout continue comme auparavant.

L'attachement, cette course derrière les choses, vient de la peur, de l'aversion. Cette mentalité d'aversion/attachement, cette manière de réagir est le samsara. Dans un tel état d'esprit où vous êtes constamment en train de fuir quelque chose, ou de courir après autre chose, vous ne trouverez jamais la paix. C'est pourquoi nous parlons de "roue du samsara". Dans un moulin à eau, l'eau coule jour et nuit, ainsi le moulin tourne jour et nuit et ne s'arrête jamais. C'est cela le samsara. Nous devons courir tout le temps sans même jamais prendre de repos. Nous sommes toujours en train d'éviter quelque chose ou d'obtenir quelque chose.

Nous pouvons être très attachés à nos problèmes et être complètement insérés dans notre propre insatisfaction. Nous ne devrions pas nous établir dans ou nous adonner à des choses qui nous rendent malheureux, mais essayer de comprendre la nature de leur origine. En faisant ainsi, nous devrions être capables de laisser nos problèmes derrière nous et d'échapper à la confusion et à la déception samsariques.

Pour tourner le dos au samsara, nous devons atteindre un état d'esprit où nous ne ressentons plus ni aversion ni attachement pour aucune chose. Quoiqu'il arrive, c'est acceptable. Nous pouvons confortablement nous accommoder de tout. Et comme nous ne craignons rien, nous n'avons pas à nous accrocher à quoi que ce soit. Lorsque nous comprenons cela, cela signifie que nous somme sur la Voie, que nous sommes en train de pratiquer. La vraie pratique est la compréhension de notre propre potentiel et le fait d'y travailler.

Si vous pouvez le changer, faites le, et donc, pourquoi vous en soucier ? Si vous n'y pouvez rien changer, quel est la raison de s'en faire ?

DU-SUM JAL-WAY CHI- ZUK KAR-MA PAY
TEN-PAY KUR-CHEN DEK-LA MI-NGAL-WA
NAM-DA TSUL-TRIM GO-CHAY JYU-JANG SHING
JYUR-MAY TRIN-LAY CHAY-PO SHAB-TEN MÖN
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MessageSujet: Re: I : Le Livre du Diamant   Lun 27 Juin - 1:58

Necronomicon releva la tête, le vieil homme était encore là, souriant. Il fronça les sourcis, se gratta le front et demanda au vieillard :

Mais en quoi tout celà peut-il servir ? J'ai tant d'ennemis que je ne peux les compter. Jamais je ne leur pardonnerai ce qu'ils m'ont fait. C'est de leur faute si je suis devenu si aigri. Je ne connaîtrai la paix qu'une fois ma vengeance accomplie, que lorsque je me serai répu de leur sang !

Le vieux moine pencha la tête de côté, comme s'il écoutait quelque chose au loin, les yeux clos. Il les rouvrit et répondit :

Lorsqu'il prend conscience de son potentiel, l'être aspire à la libération totale. Toutefois, la liberté s'accompagne de responsabilités. En général, les gens veulent la liberté sans les responsabilités, mais les deux sont inséparables. Si j'ai la liberté de penser, c'est ma responsabilité de penser de façon positive. Si j'ai la liberté d'expression, il est de mon devoir de parler de façon sensée et appropriée. Si j'ai la liberté d'action, j'ai aussi la responsabilité de bien agir. On parle du "karma", qui n'est pas une notion difficile à comprendre : il s'agit simplement de l'interaction des causes et des conditions. Si vous frappez quelqu'un, il vous rendra votre coup. Si vous dites du mal d'autrui, on dira bientôt du mal de vous. Dans cette perspective, il n'est pas difficile de comprendre la nécessité de la pratique et de la méditation.

Un coup d'oeil à l'histoire nous montre que tous les grands maîtres ont pris conscience de leur potentiel et ont assumé la pleine responsabilité de le parfaire et de l'utiliser. Nous bénéficions encore à ce jour des milliers d'années plus tard de cette prise de responsabilité. D'autres hommes, dotés pourtant du même potentiel, l'ont utilisé pour faire le mal, provoquant des guerres, coûtant la vie à des millions de gens et semant la misère et la désolation partout. La différence est frappante. Les premiers ont apporté le bonheur, de multiples bienfaits et une sagesse qui s'est transmise jusqu'à nous. Les derniers, aveuglés par l'ignorance, n'ont utilisé leur potentiel que pour détruire la vie et nous ne souhaitons même pas nous souvenir de leurs noms.

Dans la vie de tous les jours, nous rencontrons des gens qui ne vont pas bien, qui ne parlent que de leurs problèmes et n'arrêtent pas de se plaindre. Toutefois, lorsqu'ils reçoivent une aide appropriée et qu'ils se sentent mieux, ils prennent peur. Leur ego est tellement habitué à ses enveloppes de souffrance qu'il est incapable de s'en défaire. Dès qu'ils trouvent un moment de paix, ils paniquent en ne se reconnaissant plus eux-mêmes. Lorsque j'observe ce qui se passe un peu partout dans l’univers, je me demande comment les gens pourraient faire confiance à autrui alors que, par ignorance de ce qu'ils sont, ils n'ont même pas confiance en eux-mêmes. Ils ne veulent pas confronter les informations douloureuses dont ils sentent la présence importune dans leur tête. Ils projettent alors tout ce qui est négatif sur les autres. Ils n'acceptent jamais qu'ils sont eux-mêmes en tort et s'arrangent toujours pour rejeter la faute sur autrui. Toutefois, si vous pratiquez, vous ne pouvez faire porter la responsabilité à l'autre. Comment pourriez-vous rejeter le blâme sur quelqu'un d'autre si "vous" n'étiez pas là ? C'est votre "moi", cet ego enflé, qui émet des jugements. Les autres vous servent de miroir, car sans miroir, comment pourriez-vous voir votre reflet ? Si vous ne voyez pas l'autre, comment pourriez-vous le rendre responsable de tous les maux ? Les autres ne sont jamais à 100% responsables d'une situation : nous devons prendre notre part de responsabilité et comprendre que nous sommes toujours au moins responsables à 50% de tout ce qui se passe autour de nous. C'est pourquoi je dis que la prise de conscience de notre potentiel entraîne des responsabilités.

Nos actes entraînent des conséquences. Si nous ensemençons un champ avec des graines pures, nous obtiendrons une récolte pure. Si nous y jetons des mauvaises herbes, nous n'obtiendrons jamais une belle récolte. Nous devrons travailler dans ce champ pour en arracher une à une les mauvaises herbes. Nous ne pourrons arracher les mauvaises herbes de notre esprit qu'en méditant, même si le processus s'avère douloureux. Lorsque vous aurez suivi le chemin pendant un certain temps, vous finirez par comprendre qu'il n'y a, dès le départ, jamais eu de "moi" qui expérimente la souffrance. Nous avons créé ce "moi", nous l'avons solidifié, et c'est cette création fictive qui s'accompagne d'expériences de joie et de souffrance.

Vous avez sans doute lu des livres qui parlent de "non-attachement", de "non-saisie" et de "lâcher prise". Bien des gens trouvent ces notions merveilleuses et s'imaginent qu'ils vont pouvoir se débarrasser de ce dont ils ne veulent plus ou n'ont plus besoin, de leur rebut. Ils ne se rendent pas compte qu'il s'agit de se défaire de leurs émotions, de leurs sentiments, de leur identité !

La méditation est enseignée de nos jours un peu partout dans l’univers par de nombreuses écoles et de nombreux individus. Toutefois, la technique que j’enseigne est unique en son genre et se distingue de toutes les autres écoles. Toutes nos activités mondaines ne visent que notre propre intérêt, alors que ma pratique est totalement altruiste et désintéressée. La Voie du Diamant, contrairement à la voie mondaine, n'accorde pas de place à la poursuite d'intérêts égocentriques.

Parfois, les gens qui vont mal sont non seulement en colère contre le monde entier mais aussi contre eux-mêmes. Cette attitude ne résout rien et ne contribue certainement pas à rendre le monde meilleur. Elle crée au contraire un monde qui est inacceptable pour un esprit doté d'une certaine sagesse. Au lieu de cultiver la haine et la colère, nous devrions choisir la voie de l'amour bienveillant. L'amour et la bonté sont inconditionnels : ils donnent sans rien attendre en retour et ne sont donc pas " liés ". Au lieu de mener des vies remplies de haine et de souffrance, efforcez-vous toujours de développer l'amour et la bonté. Lorsque vous êtes incapables de vous détacher de ce qui vous est arrivé, c'est comme si du venin de serpent empoisonnait constamment votre sang. Vous menez une vie absurde et malheureuse parce que vous n'avez jamais appris à pardonner. Le pardon est un des tous premiers enseignements. Si vous ne pouvez pardonner à ceux qui vous ont fait souffrir, vous avez un gros problème ! Vous souffrez parce que vous accordez trop d'importance à l'un ou l'autre événement passé, vous en faites tout un plat ! Tout pratiquant doit développer une forme de sagesse qui consiste à apprendre à se défaire des fardeaux du passé par le pardon, à découvrir de bonnes raisons de pardonner. Peut-être pensez-vous que vous ne pourrez jamais pardonner parce qu'on vous a trop fait souffrir. Mais qu'est-ce qui vous fait souffrir en ce moment ? Ces personnes qui vous ont tourmenté, continuent-elles encore à vous faire souffrir ? En fait, vous vous empoisonnez vous-même l'esprit en ressassant le mal qu'on vous a fait.
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MessageSujet: Re: I : Le Livre du Diamant   Lun 27 Juin - 2:01

Votre incapacité de pardonner n'améliore pas votre situation, au contraire elle l'aggrave. En général, ceux qui provoquent une telle rancoeur sont précisément ceux qui vous ont été les plus chers. Vous aviez confiance, vous attendiez beaucoup d'eux, et lorsque les choses ont mal tourné, la blessure infligée a fait ressortir votre plus mauvais côté. Si vous aviez eu un peu de sagesse, vous auriez commencé par ne pas donner à ces personnes une telle importance ! L'antidote de tous ces poisons liés à la colère est l'amour bienveillant. Prenons l'exemple de parents qui maltraitent leurs enfants. Si ces gens menaient une vie paisible, stable et décente, ils ne maltraiteraient jamais leurs enfants. Ne parlons même pas des hommes, même les animaux sont prêts à sacrifier leur vie pour leurs petits ! Mais certains êtres humains vivent des existences tellement misérables ou ont eux-mêmes été à ce point maltraités que, même s'ils veulent aimer leurs enfants, ils les maltraitent au moindre accès de colère. Si nous y réfléchissons bien, nous devrions avoir pour eux de la compassion et non de la haine. Ils sont passés par de telles épreuves que, même lorsqu'ils veulent faire de leur mieux, ils sont incapables, par manque de sagesse et de disposition naturelle, d'aimer leurs enfants et de bien s'en occuper. Vous pouvez apprendre à pardonner de bien des façons, mais la méditation est indispensable car sans elle vous n'entamerez même pas la démarche : vous continuerez de fuir votre ombre. La méditation vous révèle le côté insatisfaisant de votre existence et la raison de votre souffrance. La méditation vous donne l'envie de changer, de vous défaire des souffrances liées au passé, et ce n'est que sur cette base que vous pourrez vraiment changer. Si vous pratiquez ainsi pendant un certain temps, vous récolterez le fruit de la douceur et de la bonté. Notre tradition compare l'esprit à une bête sauvage. Nous devons apprivoiser cet être sauvage. En général, les gens pensent que les sauvages sont les autres, alors qu'ils sont eux-mêmes parfaits, avec pour résultat qu'ils ne trouvent jamais la paix de l'esprit. L'approche correcte, c'est d'apprivoiser l'être sauvage que nous sommes et lorsque nous l'aurons maîtrisé, tout le reste coulera de source. Nous n'y parviendrons que grâce à la méditation.

De nos jours, tant de gens soi-disant intelligents, ayant soi-disant réussi, mènent une vie faite d'arrogance, d'égoïsme et d'une insatiable cupidité. Ils nuisent à autrui, mais se nuisent aussi à eux-mêmes, car ils n'ont pas d'amis, souffrent de la solitude, et se sentent très malheureux. Méditer revient à vouloir améliorer sa situation. Si vous êtes l'une de ces personnes couronnées de succès, ambitieuses et ne se souciant que d'elles-mêmes, la pratique de la méditation vous permettra de " baisser la température " quelque peu, de revenir à une certaine moyenne, à une attitude plus équilibrée. Par contre, si vous êtes de ceux qui n'ont aucune confiance en eux et pensent qu'ils ne sont bons à rien, rappelez-vous de l'égalité fondamentale de tous les êtres. C'est vous-même qui jugez vos échecs et finissez par vous torturer. Reprenez confiance en vous en vous rappelant que vous n'êtes inférieur à personne et que tout le monde est confronté à l'échec au moins une fois dans sa vie. Vous devez un peu " regonfler " votre ego. Tout est une question d'équilibre, il ne faut pencher ni vers l'un ni vers l'autre extrême. Si vous avez l'impression d'être un raté et vous sentez découragé, rappelez-vous toujours ceci : vous pouvez être ce que vous voulez ! Je suis sûr que cela vous aidera.

Quelqu'un dont toute la vie repose sur l'égoïsme aura la même approche en abordant la méditation. Il sera un méditant tendu, irritable et colérique, qui s'assoira pour méditer avec en tête l'idée qu'il veut trouver la paix et faire certaines expériences, et il considèrera les autres comme une gêne, comme des indésirables qui perturbent sa concentration. Quelqu'un qui pense de la sorte réagit de façon très émotionnelle. Le moindre bruit devient son ennemi juré et, dans ce cas, que reste-t-il de sa méditation ? Dès lors, si vous remarquez que vous devenez irritable, que vous êtes tendu et attrapez des maux de tête, dites-vous que quelque chose ne va pas et que vous ne méditez pas correctement. Et si vous voyez quelqu'un d'autre dans le même cas, vous feriez bien de l'avertir qu'il est dans l'erreur. Méditer signifie accepter, tout simplement.

Le bruit est un défi, mais si vous parvenez à l'incorporer dans votre méditation, vous aurez acquis l'assurance de pouvoir désormais méditer même dans une rue au milieu d'un trafic intense. Le bruit ne vous gênera plus. Comment pouvons-nous parler de " non discrimination ", de " non saisie ", alors que notre esprit ne cesse de poser des jugements, qu'il est dans l'attente de certaines expériences méditatives et en rejette complètement d'autres ? Les gens qui méditent de la sorte me font penser à des lutteurs qui montent sur le ring, se battent énergiquement et frappent de tous côtés des adversaires fantômes : ils ne peuvent que perdre à tous les coups !

Si vous méditez bien, vous verrez vos activités mentales comme des nuages dans le ciel, surgissant de nulle part et s'évanouissant dans le vide. Pourtant, vous me direz : "C'est facile à dire, mais telle ou telle chose se passe réellement !" Cela se passe "réellement" parce que vous pensez qu'il y a vraiment quelque chose qui se passe. Vous insisterez sans doute en disant que c'est "réellement" là, mais si je vous demande alors quelle taille a cette chose, quelle forme, quelle couleur, vous ne pourrez pas me répondre. Si elle n'a ni taille, ni forme, ni couleur, comment pouvez-vous affirmer que cette "chose" existe réellement ? Vous la faites se produire ! Vous créez une notion, par exemple celle "d'amis". Au départ, vous pensez seulement : "J'aime bien cette personne." Puis vous lui découvrez l'une qualité après l'autre et, de jour en jour, elle se bonifie à vos yeux. Toutefois, quand les choses se gâtent, vous commencez par lui trouver un défaut, puis un autre et, de jour en jour, l'image que vous avez d'elle se ternit. Tant de souffrances inutiles se produisent uniquement parce que vous accordez trop de crédit à vos sentiments. A partir de rien, vous les faites enfler jour après jour. Chaque fois que, dans votre méditation, vous rencontrez "quelque chose qui est "réellement" en train de se produire", analysez ce qui se passe vraiment. Au lieu de fuir, faites face, procédez aux présentations : "Enchanté de vous rencontrer, j'aimerais faire connaissance et apprendre à mieux vous connaître !" Si vous abordez la situation de la sorte, vous verrez qu'en fait rien ne se passe.

Méditer, c'est utiliser habilement chaque instant de veille, rester attentif et vigilant pour ne pas s'impliquer émotionnellement dans les contacts avec les gens et les choses, et conserver ainsi le calme de l'esprit.

Si vous pouvez maintenir ce calme de l'esprit tout au long de la journée, il vous sera facile de vous asseoir une vingtaine de minutes pour méditer. Si par contre vous passez votre journée à vous énerver, à vous agiter et à vous faire des soucis, cette fébrilité de l'esprit ne fera qu'empirer au cours de la méditation. Vous ne tiendrez pas plus de cinq secondes parce que vous serez incapable de gérer ce qui se passe dans votre esprit. Si vous voulez retirer un certain bienfait de la pratique, efforcez-vous de maintenir l'attention à chaque instant de votre vie. C'est lorsque vous trouvez cette paix, ce bien-être, ce confort intérieur, que vous pouvez faire des progrès.

Ce que je vous dis ne sort pas d'un livre. Je n'ai pas besoin de livres pour vous dire ce que je veux vous transmettre, je vous parle à la lumière de ma propre expérience, de douze cent années passées à observer mon esprit. Les gens croient souvent que je suis "différent." Pourtant, il y a 2000 ans, j'étais sans doute pire que vous ! Mais d'une manière ou d'une autre, j'ai trouvé un sens à ma vie et je suis à présent heureux et satisfait. Vous n'avez donc pas d'excuses ! Si vous étiez dans ma situation, vous pourriez sans doute vous sentir très malheureux et vous lamenter : " Oh, j'ai perdu ma patrie, j'ai perdu ma famille, j'ai tout perdu ! Me voici forcé d'errer de par l’univers, de vivre au sein d'autres cultures, d'autres traditions, de parler une autre langue que ma langue maternelle... " Mais je ne pense pas ainsi ! Dès le départ, j'étais conscient de l'impermanence des choses. L’impermanence est la nature de toutes choses. Vous pouvez perdre demain tout ce que vous avez aujourd'hui. Pourquoi dès lors, au lieu de les prendre mal, ne pas prendre les choses comme elles viennent, avec légèreté ? L'esprit est ce qui prime, et vous pouvez le constater ce soir : je vous ai distrait et vous m'avez écouté pendant près d'une heure et demi, et vous avez l'air d'avoir survécu ! Demain, je vous ferai méditer et vous mettre à l'écoute votre propre "musique intérieure" pendant une vingtaine de minutes, et je vous verrai bientôt en proie à des douleurs physiques ou mentales. L'esprit ne cherche qu'à être diverti et distrait. Comment se fait-il que vous puissiez rester assis à l'aise pendant 1 heure ½ à m'écouter et que 30 minutes deviennent une telle épreuve dès qu'il s'agit de méditer, alors que rien ne change à la situation objective, aux conditions extérieures dans lesquelles vous vous trouvez ? C'est ce que nous allons expérimenter demain.

Vous m’avez dit un jour : "Vous n'enseignez pas, vous ne faites que méditer !" Je pensais en fait vous apprendre la meilleure leçon qui soit : comment accepter la souffrance et les douleurs que nous fuyons sans cesse. Comment pouvons-nous prétendre apprendre quoi que ce soit si nous n'acceptons pas cette souffrance constante qui forme la trame de notre existence quotidienne ? Apprendre à méditer revient à découvrir que tant que l'ego est toujours là, nous sommes confrontés à la souffrance et devons apprendre à l'accepter. Nous ne serons libres de la souffrance que lorsque nous aurons pleinement compris la nature de la vacuité. D'après moi, la méditation est donc le meilleur enseignement qu'on puisse vous donner. On me déconseillera peut-être d'enseigner la méditation sous prétexte que les gens n'aiment pas ça et vont fuir mon enseignement, mais si je ne fais que parler et que vous n'apprenez pas à méditer, comment pourrez-vous jamais changer ?
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MessageSujet: Re: I : Le Livre du Diamant   Lun 27 Juin - 15:27

Mais l'aube est proche

fini par dire le vieux moine

Vous n'aimez guère le soleil pour l'instant, il est donc temps pour vous de rejoindre votre demeure.

Revoyons-nous demain en ce lieux. Cette salle, la nuit, est calme et paisible, donc propice à la méditation. Si vous désirez vraiment connaître les méthodes de méditation, je vous les enseignerai alors. Je vous mettrai aussi en garde contre leurs pièges, car il y en a beaucoup et le chemin peut facilement être perdu. Celà, vous l'avez déjà appris à vos dépends et vous en souffrez à présent.

Peut-être alors trouverez-vous votre rédemption et pourrez-vous à nouveau admirer les rayons du soleil, qui sait ? J'ose espérer que cette fois, contrairement à notre dernier entretien, vous ne vous jetterai pas sur moi dans l'intention de me dévorer. Cette expérience fut plutôt désagréable et il faut souvent beaucoup de temps avant de renaître.

Avant de partir, pourriez-vous remettre ce livre à sa place ? Il n'explique que peu de choses, mais déjà suffisement pour comprendre les grandes lignes de l'enseignement. Le reste des pages n'est pas utile à lire pour le moment, mais il serait dommage que tout celà tombe dans l'oubli.

Necronomicon prit le livret sur la table basse et lorsqu'il se retourna, le vieillard n'était plus dans la pièce. Il se dirigea alors vers la sortie, déposant le bouquin dans un des nombreux rayonnages.
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